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Mercredi 12 avril 2006 3 12 /04 /Avr /2006 10:35

 

L'Université du Havre a voté le blocage jusqu'au 2 avril, si certaines facs reprennent les cours, d'autres sont bloquées depuis plus de deux mois et continuent la mobilisation par des blocages économiques, des occupations, etc.

pendant et après les vacances qui approchent, la lutte continue !

venez en masse voter le maintien du blocage, AG à 14h Amphi Axelrad

Par cperouen - Publié dans : cperouen
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Lundi 10 avril 2006 1 10 /04 /Avr /2006 21:20
voici le contenu du journal mural voté en AG:




Organe de liaison au sein du mouvement anti-CPE
Journal mural de l'Assemblée générale unitaire de MT-St-Aignan (Amphi Axelrad)




Le hurlement des sirènes, l’occupation permanente du centre ville par la police, le vrombissement de l’hélicoptère de la gendarmerie, ne manquent pas de rappeler que cela fait maintenant cinq semaines qu’a débuté, à Rouen, le mouvement contre le CPE. Par delà le vacarme de ceux qui tentent de tout faire rentrer dans l’ordre, il y a le brouhaha journalistique qui ne manque pas d’ajouter à la confusion en vendant du gros titre. Lundi 3 avril, il a été décidé par l’A.G. Axelrad que la désinformation médiatique au sujet de notre mouvement, même lorsqu’elle empruntait ses titres à des chef-d’oeuvres de Belmondo, était une mauvaise plaisanterie à laquelle il était temps de mettre fin. Afin de contrôler les propos que l’on nous attribue dans la presse écrite et à la télévision, il fut décidé d’écrire un communiqué de presse, voté par l’AG, et de le donner aux journalistes si curieux de savoir « ce que nous avons à dire ». Il était stipulé que nous ne tolérerions aucune altération et aucune amputation de notre texte. Nous estimons suffi samment notre parole pour refuser qu’un journaliste ne la travestisse, comme cela est le cas depuis le début du mouvement. France 3 a accepté de le diffuser. La journaliste de Paris-Normandie, quant à elle, a préféré nous prendre de haut et mépriser notre attachement à la vérité. Elle estimait que c’était déjà un honneur de sa part que de bien vouloir parler de nous. Cette honnêteté non dissimulée, nous en prenons acte. D’où la nécessité de nous adresser nous-mêmes, et directement, à qui veut nous entendre ou nous rejoindre.
Ceci est notre premier journal mural.




Le communiqué en question :

« Pour la cinquième semaine consécutive, les facultés de lettres, sciences humaines, socio, psycho et science de l’éducation sont en grève, bloquées et occupées. Une assemblée générale se tient chaque jour à 10h en amphi Axelrad. Ces AG sont ouvertes à tous, étudiants ou non. Un fi lm, suivi d’une discussion, est projeté chaque soir à 19h. Une cinquantaine d’étudiants occupe les lieux jour et nuit. Des manifestations sauvages sont organisées régulièrement, des blocages des axes routiers et ferroviaires ont eu lieu en fi n de semaine dernière. Aujourd’hui ont été votés la solidarité avec tous les inculpés lors des diff érents événements de ces dernières semaines, la continuation de la grève et du blocage jusqu’au retrait intégral du CPE, du CNE et du reste de la loi dite sur “l’égalité des chances”. L’assemblée générale réunie aujourd’hui en amphi Axelrad appelle à l’intensification de la lutte et à une réponse à la hauteur de l’entêtement du gouvernement et des provocations policières. Nous appelons tous les étudiants ou non, travailleurs ou pas à nous rejoindre.
Nous ne fléchirons pas. »

Rouen, Lundi 3 Avril 2006, Assemblée Générale unitaire de Mont Saint Aignan



CA PASSE, DONC ÇA CASSE.
Lorsque l’Etat parvient à un tel degré d’ébranlement qu’il doit répondre à un mouvement social par la force brute, cela remet très vite en cause sa sacro-sainte démocratie. Ces derniers jours, nous avons vu des centaines de policiers quadriller la ville, tenter d’empêcher les manifestations, arrêter des dizaines d’entre nous, lancer, dès qu’ils le pouvaient, tant de gaz lacrymogènes que mardi ils se retrouvèrent en rupture de stock. Face à cela, il y a cette évidence que si nous sommes la rue, la rue, elle, n’est pas à nous. Mardi dernier, le premier abribus fut descendu par une balle de Flashball. Nous ne serons donc pas de ceux qui feignent de s’étonner lorsque certains manifestants relancent les lacrymogènes, parfois des cailloux, ou construisent des barricades de fortune pour ralentir les avancées de la police. La gratuité est un fait rare dans notre époque.
Parmi les diff érentes opérations idéologiques menées par le gouvernement et les médias, il y a celle, bien connue, de la distinction entre méchants casseurs et gentils manifestants. L’après-midi des deux mardi passés, il y eut des aff rontements, des débordements, c’est vrai. Ce qui est faux, et activement diff usé par le Paris-Normandie, c’est de prétendre qu’ils n’auraient été que le fait
d’éléments extérieurs à la manifestation. Ces jours-là, nous avons vu des lycéens, des étudiants, des travailleurs, des chômeurs. Tous n’étaient pas blancs, il est vrai. C’est donc parce que nous ne comprenons que trop bien l’enjeu de cette distinction pour le pouvoir que nous ne la reprendrons pas. L’AG de jeudi s’est prononcée en solidarité et pour l’amnistie de tous les inculpés de ces dernières semaines mais aussi de tous ceux des émeutes de novembre.



MOTION ADOPTÉE LE 7 AVRIL PAR L’AG:

"L’AG unitaire de l’UFR Lettres et sciences humaines réunie ce vendredi 7 avril réaffi rme sa détermination à poursuivre la mobilisation par la grève jusqu’à la victoire. Elle condamne la position de l’intersyndicale nationale qui, dans sa déclaration du 5 avril, se contente d’apporter son « soutien » à la mobilisation étudiante mais refuse d’appeler à la grève générale malgré le succès des journées de grève interprofessionnelle et de manifestations des 28 mars et 4 avril. Elle refuse même d’appeler à la nouvelle journée d’action étudiante et lycéenne. En revanche, elle rencontre les parlementaires et ministres UMP sur la seule base du retrait du CPE, et laisse au gouvernement un délai de 12 jours (jusqu’au 17 avril), soit le coeur des vacances scolaires. Par là, elle prend le risque et la responsabilité d’isoler les étudiants et les lycéens et de laisser le mouvement s’essouffl er. Les directions syndicales invitent les salariés de GDF à se mobiliser de manière isolée le 11 avril ; il faut au contraire unifi er les étudiants, lycéens et salariés, par la grève et la manifestation tous ensemble. L’AG rappelle sa double revendication :
- Abrogation des ordonnances sur le CNE
- Abrogation de TOUTE la loi dite pour « l’égalité des chances ».
L’AG appelle les directions syndicales à rompre les négociations avec le parlement et réaffi rme que seule la grève générale des étudiants, lycéens et salariés permettra la satisfaction."




RENDEZ-VOUS:
Tous les jours:
10H - AG ouverte en Amphi Axelrad
20H - Projection/débat en Axelrad
Mardi 11 Avril:
Manifestation nationale dans la journée.
Jeudi 13:
Manif nocturne. Départ: Hotel de Ville


 

MANUEL DE SURVIE
(EN MANIFESTATION):
Portez une écharpe, les flics en civil peuvent vous arrêter après la dispersion s’ils vous reconnaissent, même sur photo. Imbibée de citron, votre écharpe rendra les gaz lacrymogènes
moins pénibles. Un masque à gaz ou de peintre permet plus de confort. Des lunettes de natation permettent de savoir où l’on va. Avec du sérum physiologique on peut se laver les yeux et continuer à faire ce que l’on a à faire. Pas avec les doigts ni avec de l’eau. Ne pas se rincer juste après s’être
fait gazer. Avec des gants en cuir on peut renvoyer les canettes de lacrymos à leurs envoyeurs.
Mais pas avec des gants en tissu et encore moins à mains nues. Lorsque la police charge, mieux vaut ne pas trop s’aff oler, ils ne vont jamais très loin et les mouvements de panique laissent souvent des gens derrière. Par contre, restez mobiles mais groupés, c’est la meilleur manière d’être ingérables et inarrêtables par les civiles. Nous sommes moins maîtrisables dans les petites rues du centre ville que sur les grands boulevards et les ponts. Des vêtements diff érents
permettent de se changer avant de quitter la manif. Si vous êtes arrêté, n’oubliez pas que comme nous tous, vous êtes innocent. Ne reconnaissez jamais rien en garde à vue, même votre présence sur une photo. Vous n’avez « rien à leur déclarer », c’est un droit. Tout ce que vous direz sera SYSTEMATIQUEMENT retenu CONTRE vous. La police doit faire du chiff re et c’est pour cela
qu’ils vous ont arrêté au hasard. On s’en sort TOUJOURS mieux sans aveux.

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Samedi 8 avril 2006 6 08 /04 /Avr /2006 19:03

dernières actions en date:

jeudi nouveau blocage de la Sud 3, très vite dégagé par les flics car les gros malins qui organisaient cela ont lâché le morceau 4 heures avant l'action en AG en plein air avec les médias présents...

manif nocturne bruyante et festive jeudi soir, qui a rassemblé au plus gros environ 2000 personnes; la police s'est faite très discrète malgré les feux de joie improvisés à base de poubelles flambées sur la place St Marc, et plus tard près du Palais de Justice; les 50 dernières personnes se sont cependant faites massivement matraquer, gazer et insulter au moment du "nettoyage". Aucune interpellation n'aurait eu lieu, les flics étaient là pour faire peur et mal.

un journal mural voté en AG sera collé en ville à partir de ce week end, il sera également mis en ligne sur ce blog.

Certainement une nouvelle manif nocturne aurait lieu mardi soir, RDV 20 h place de l'Hotel de Ville à confirmer. Troublons la quiétude du centre-ville!

des actions de blocage sont en cours de préparation, n'hésitez pas à vous organiser et à mettre en place des actions de masses par l'intermédiaire du mouvement!

ce n'était qu'un début, BLOQUONS TOUT!!!

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Vendredi 31 mars 2006 5 31 /03 /Mars /2006 16:19

 

Jeudi plusieurs blocages ont été effectués en parallèle:

Les STAPSiens ont bloqué la Sud3 (gazages et interpellations "musclées")

Les IUTiens, INSAiens et étudiants de sciences bloquaient la voie du Zénith

Les LSH se sont retrouvées sur des voies ferrées, bloquant plusieurs lignes

Ces blocages ont duré jusqu'à 2h environ (très peu de temps pour les STAPSiens qui ont rejoint un autre groupe par la suite.

Après les blocages, différents groupes sont partis en manif  "sauvage" (c-a-d pas organisées par la police) et se sont fait bloquer à leur tour par des cordons de CRS, de BAC, et des GM. Le centre-ville de Rouen était hier riche en gyrophares et en matraques.

Malgré ce qu'en disent les medias, de nombreuses arrestations, souvent très "ciblées", ont eu lieu, et un climat d'état de siège s'est bien fait sentir (hélicos, magasins fermés, groupes de plus de 20 personnes bloqués, contrôlés et dispersés). Des comparutions immédiates de personnes interpellées à Rouen comme dans d'autres villes ont donné lieu à des peines extrêmement sévères (prison ferme pour des personnes sans casier judiciaire), et la répression se durcit visiblement.

"Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark", comme on dit.

 

Si des actions ont eu lieu et qu'elles n'ont pas été relayées par les medias, merci de les relater, de les commenter, à cperouen@no-log.org

 

 

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Lundi 27 mars 2006 1 27 /03 /Mars /2006 18:12

Nos futurs d'actifs et d'actives se dévoilent dans toute leur horreur, sacrifiant à une précarité accrue les paillettes démodées d'un défunt « droit du travail ». Villepin et ses potes nous pondent un contrat tout neuf pour flexibiliser la main d'oeuvre et rendre un peu plus intolérable l'entrée obligatoire dans la « vie active ». La nouveauté consiste à rendre officiel et légal le droit de licencier à tout moment et sans raison un employé de moins de 26 ans. Les élus acquiescent du double-menton (dans leur indifférence toute « démocratique ») et les marchands de prozac se frottent les mains...

Les grands syndicats étudiants, eux, se plaisent à mimer l'« urgence » et la « menace des acquis », plagiant consciencieusement leurs aînés : ceux qui ont la chance d'être (déjà !) des travailleurs. L'apprenti militant, trop heureux d'avoir trouvé un peu de taff (ironie du sort), se presse gaiement à la photocopieuse et chantonne déjà les slogans de l'après-midi. Résigné à ce monde depuis son plus jeune âge, il pourra du moins, croit-il, le rendre un peu moins con (en signant des pétitions) et passer quelques bons moments à l'ombre d'une banderole...

Le Travail, valeur-idole d'un monde domestiqué, impose son hégémonie sans partage pendant que disparait son but prétendu : son utilité sociale. A la manière d'un sermon parental, il répète son verdict et crie de plus en plus fort à mesure qu'il perd la face, à mesure qu'il perd le sens. « Travaillez coûte que coûte, dans n'importe quelle boite, à n'importe quel prix », voilà le sort que le réalisme de supermarché réserve aux humains dans sa grande utopie travailleuse et marchande... L'organisation collective de la nécessité, qui pousse chacun (même les plus riches) à se chercher un job et à trouver ça normal, est plus que jamais vecteur de misère, d'injustice, d'abêtissement et de servitude.

Le Progrès, ce gros maux justifiant tous les autres, semble consister aujourd'hui en une intensification croissante de la production à mesure que l'on invente des moyens qui permettraient, justement, de rendre cette production moins présente et moins pressante. Il est un mensonge, un piège que l'homme se tend à lui-même ! Progresser, en réalité, n'est rien d'autre que réduire la part de nécessité propre à l'humanité, pour faire émerger une part toujours plus grande de liberté et de créativité. Le capitalisme a étendu les frontières du nécessaire en s'agenouillant devant le concept absurde de « croissance », et a organisé la société autour de cette grande course contre le vide.

Tous aujourd'hui, cadres et ouvriers, curetons et athées, flics et syndicalistes, profs et étudiants, livrent leur confiance et leur conscience à ce discours uniforme : le Travail, si manifestement morbide et destructeur, sera l'unique solution Morale et Sociale ! Entendez-les supplier un emploi ! alors que le chantage salarial les dévore et les pourrit, les rend pauvres et dépressifs... En exigeant un « poste à vie », en suggérant aux pontes ministériels de meilleures tactiques pour mettre « la France au boulot », ils sacrifient leur dignité contre l'espoir de miettes, à la manière de l'esclave adulant ses chaînes, réclamant une cellule mieux décorée ou des menottes moins serrées...

Faire exister nos propres formes de vie, réinventer la paresse, la lenteur et le jeu. Occuper la rue, les facs, les lycées. Multiplier les banquets, les fêtes, les lieux autogérés. Quitter les bulles de l'isolement qui ont peu à peu remplacé toute forme de mise-en-commun, toute possibilité de rencontre... Le travail nous a appris à obéir et à souffrir en pensant que c'est bon. L'explosion conviviale (donc hautement politique) de nos envies de jeu et de partage mettra à bas sa logique absurde et nous libérera de son emprise, pour un moment, et peut-être plus.

NI CPE , NI CDI (plutôt rester au lit) Travailler c'est mourir. Vivre c'est maintenant.

 

 

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Lundi 27 mars 2006 1 27 /03 /Mars /2006 18:11

ILS SONT GARDES ... SOYONS MOBILES ...

 

Toulouse, vendredi 24 mars 2006

Le 18 Mars 2005 nous étions très nombreux à remettre en cause le CPE et la précarité, à vouloir rejeter cette société qui organise la misère. Beaucoup pensaient encore que les directions syndicales donneraient le coup de grâce à ce système en encourageant les travailleurs à rejoindre rapidement le mouvement ...

Maintenant nous savons que la grève générale est nécessaire mais qu’elle aura lieu contre la volonté des dirigeants syndicaux et par l’action à la base. C’est parce que les travailleurs auront envie de lutter que nous gagnerons tous parce que alors la grève sera sauvage et générale et qu’elle touchera l’Etat et le Patronat là où cela fait mal, en paralysant l’économie. ...Et que tout sera alors possible. Mais si notre objectif est donc de donner envie aux salariés de se battre à nos côtés, le pouvoir a précisément l’objectif inverse par le pourrissement et l’isolement du mouvement de lutte. Sa stratégie repose sur la temporisation et la focalisation (c’est en ce sens que le discours officiel des syndicats est parfaitement adapté à la stratégie du pouvoir). En effet, la seule exigence du retrait du CPE reste une stratégie défensive ...

Alors que la meilleure défense c’est l’attaque.

Les revendications des travailleurs et de la population quelles sont-elles ? Se limitent-elles au retrait du CPE ? Si l’on demande à l’ensemble de la population de se battre, la moindre des choses serait d’élargir clairement les revendications à l’ensemble du champ social et sociétal contre toute forme de domination qu’elle soit économique ou autre ...

Nous ne devons donc pas rester assiégés dans une forteresse anti-CPE car avec le temps qu’il gagne le pouvoir va nous isoler, en désinformant et en créant des réflexes de peur et de lassitude, son but est de décourager toute dynamique de masse. Les actions que nous devons mener doivent au contraire encourager cette dynamique, supprimer les craintes et affaiblir le pouvoir. En ce sens nous pensons qu’il faut éviter toute confrontation directe avec les forces répressives, nous pensons qu’il faut les ridiculiser ...Montrer que si eux sont gardés, nous, sommes mobiles.

Dans la rue ... En attendant le 28 MARS

Des occupations de ANPE, agences d’intérims, mairies, édifices publics, centres des impôts, tribunaux, ont déjà eu lieu avec succès, on a vu qu’il suffit de s’organiser en groupes mobiles (par lycées, par UFR ,..) qui partent dès qu’ils n’ont plus le rapport de force. De même, les opérations de gratuité de péage ou de transport en commun sont favorables à la popularisation de la lutte. A Rennes, par exemple, de multiples actions de ce type ont été menées et continuent à l’être de puis le début du mouvement : des jets de peinture sur différentes agences (immobilier, intérim, assurances...), des déménagements du mobilier d’ANPE , des débordements des manifestations plan- plan pour bloquer la circulation des trains, des actions de solidarités avec des ouvriers en lutte...

Dans tous les cas évitons de nous laisser identifier, n’oublions pas que nous sommes en période de carnaval. Et amenons de la farine et des œufs ...

Le 28 Mars 2005 sera une étape décisive, il faut avant tout que les gens en lutte essaient de prendre contact directement avec les travailleurs (pas avec leurs « représentants » ...) pour préparer directement le blocage des transports, des entreprises et des lieux publics, pour qu’émergent les revendications qui permettront à la grève de se généraliser et de lui donner une structure durable.

COMITÉ CHÔMEUR PRÉCAIRE ÉTUDIANTS / TENDANCE NI CPE NI CDI

 

 

 

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Lundi 27 mars 2006 1 27 /03 /Mars /2006 18:08

 

Appel du 22 février

Les grévistes de Rennes II sont unis en tant qu'ils considèrent que la grève avec blocage de l'université est pour ceux qui y étudient la condition sine qua non d'une lutte contre le CPE ; non que cela suffise, mais cela libère le temps et l'énergie sans lesquels il n'y aurait pas de lutte, mais une simple divergence d'opinions.

Ils sont également unis en tant que pour eux la grève avec blocage est le seul moyen de provoquer le débat politique sur le CPE en dehors des joutes oratoires feutrées des parlements.

Ce débat politique sur le CPE a permis de constater au sein du mouvement une forte tendance à ne pas se satisfaire de slogans tels que " non au CPE, pour plus de CDI ", qui suggèrent que le CDI serait en soi un contrat équilibré, favorable aux salariés, qu'il s'agirait de défendre comme un acquis, une position de force conquise par les luttes passées. Il apparaît pourtant que tout contrat de travail garantit seulement les modalités d'une exploitation. Nous considérons que rejeter une réforme qui aggrave nos conditions de vie ne doit pas signifier la valorisation unilatérale de l'état de chose préexistant.

On nous parle de prudence, nous disant qu'il ne faut pas effrayer " la grande masse des gens ". Pourtant, la grande masse vit quotidiennement la réalité du CDI. Lui faudrait-il cesser de lutter, de faire grève, sous prétexte qu'elle jouirait de privilèges auxquels tous les précaires rêveraient d'accéder ? On connaît ce raisonnement, c'est celui par lequel on combat la révolte en prétendant que seul le pire la justifie, et que le pire est toujours ailleurs. Nous prétendons que revendiquer plus de CDI contribue à la fabrique du consentement à l'égard de ce qui est.

Curieusement, c'est ceux qui veulent que l'horizon du mouvement ne se limite pas au retrait du CPE qui prennent le plus ce mouvement au sérieux, qui sont les plus déterminés à lutter jusqu'au bout, à lutter, quoi qu'il en coûte, jusqu'à son retrait.

Ne nous leurrons pas : le CPE ne sera pas retiré si nous commençons à nous dire qu'il faudra peut-être reprendre les cours si le gouvernement ne cède pas très vite. Il ne sera retiré que si, partout, est reprise l'idée qu'il faudra la police pour nous faire plier, que nous n'accepterons pas que l'immobilisme et la lassitude de ceux qui restent spectateurs du mouvement décident pour nous.

L'épuisement, nous ne le connaissons pas. La liberté n'est pas épuisante, mais exigeante. Nous sommes contre le CPE parce qu'une certaine idée de la précarité nous est chère ; pas celle des tracasseries quotidiennes pour trouver et conserver un emploi plus ou moins désagréable mais toujours subordonné à la nécessité de se vendre comme force de travail pour survivre ; mais la précarité de l'existence et de la pensée que ne vient garantir nulle autorité à laquelle se soumettre, nulle communauté à laquelle appartenir, famille, entreprise ou état. Qu'on ne voie là nulle célébration libérale de la " mobilité ", cette liberté d'aller d'expérience en expérience ; au contraire, puissants sont nos attachements, et c'est parce que nous ne voulons pas y renoncer que nous pouvons prendre le risque de tout perdre. C'est parce que nous ne voulons pas d'une joie garantie durable qui se marchande à coups de renoncements quotidiens et que nous savons que cette joie de lutter ensemble a pour fond la politique, la discorde, la fragilité des règnes, que nous assumons la précarité comme la vérité de notre condition. D'autres parlent de l'épanouissement par le travail et de la reconnaissance qui lui est liée. Mais comment ne pas voir qu'il s'agit toujours à un moment donné de renoncer à être pleinement fidèle à ce qui nous anime quand par exemple nous enseignons, soignons, créons, et d'accepter de faire avec l'ordre des choses, de nous y adapter, jusqu'au point où suivre nos désirs signifie concourir au maintien de cet ordre ?

Derrière le refus du CPE, on entend d'abord la peur, la peur de ceux qui se savent isolés, d'être encore plus dépourvus face aux pouvoirs, face à la suprématie de l'économie ; et cette peur ne trouve d'autre voie que de se traduire en demande de sécurité.

C'est la même logique qui demande à l'état plus de flics contre l'insécurité et plus d'emplois contre " l'insécurité sociale ". Encore et toujours nous supplions l'état de bien vouloir nous protéger. Car nous sommes maintenus, de par l'effet d'une politique qui n'a rien d'hasardeux, dans une situation où il nous faut choisir entre la grande pauvreté des allocations et l'emploi de toute notre vie au service de projets entrepreneuriaux.

À cette demande de sécurité, nous opposons la confiance dans la communauté de ceux qui refusent la politique libérale. Et qui pensent que refuser avec conséquence implique d'en finir avec l'isolement de chacun, de mettre en partage moyens matériels, expériences et affects pour rompre avec la logique libérale dont le CPE n'est qu'un symptôme. La question de subvenir à nos besoins devient alors une question collective : celle de constituer entre nous des rapports qui ne soient pas des rapports d'exploitation contractuelle. Et de faire que ce nous ne soit pas celui d'un groupe restreint, mais le nous de l'affirmation révolutionnaire.

Tendance gréviste ni CPE ni CDI

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Lundi 27 mars 2006 1 27 /03 /Mars /2006 17:34

Et si on réfléchissait par rapport aux medias?

A Rennes des manifestants arrêtés à cause de vidéos fournies aux flics par des journalistes;

La liberté de la presse s'arrête là où commencent les intérêts de l'Etat !

...Quand les médias décideront-ils que le mouvement s'essoufle?

Ce sont les médias qui ont créé la victime "prise en otage" par les grévistes.

Ce sont eux également qui ont créé les "casseurs" , ces terrifiants  terroristes, immigrés des banlieues ou "anarchistes". Curieusement ils parlent beaucoup moins volontiers des violences policières...

Ne laissons pas les médias pourir le mouvement, laissons les pourir tous seuls!

Médias casseurs de mouvement ! CRS casseurs de manifestations !

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Samedi 25 mars 2006 6 25 /03 /Mars /2006 16:56

On ne reviendra pas trop longuement sur la sauvagerie des CRS gazant à tout va dans le centre-ville (en particulier des images magnifiques de grenades tombant à côté d'un landeau, sur les pompiers essayant de secourir un blessé, ou sur des familles passant dans le coin...) et matraquant même des personnes n'ayant rien à voir avec la manif (on a ainsi vu une jeune fille se faire tabasser alors qu'elle allait boire un café avec son copin: après les premiers coups elle tombre sur une poubelle, puis on la frappe à terre...). Jeudi était l'un de ces jours où l'on voit la vraie face du pouvoir: celle de son bras armé, qui  montre à peu près quel genre de protection il est prêt à nous offrir.

(les horaires sont approximatifs)

11h30
Suite au vote vendredi en AG d'une motion de solidarité appelant à la libération de tous les manifestants arrêtés jeudi , ainsi qu'à la levée de toutes les inculpations, une petite partie de l'AG (eh oui, encore une fois il est très facile de voter une motion tant que cela n'engage vraiment rien) s'est dirigée rive gauche pour manifester devant le commissariat.

12h
Les manifestants sont priés de dégager de devant le commissariat, sous peine de... coups de matraque (des cars de CRS sont présents tout autour du bâtiment). La Police prétend que les gardés à vue seront relâchés d'ici une heure.

12h40
Après avoir déjoué la vigilance des gardiens du lycée Blaise Pascal, un petit nombre d'étudiants parvient à atteindre la salle dans laquelle se tient l'AG des lycéens. RDV est donné à la fin de l'AG pour partir en manif unitaire.

13h
Les lycéens ayant fortement grossi les rangs du cortège, nous nous dirigeons vers Brisou. Une cinquantaine de mètres avant notre objectif, un lycéen (visiblement un apprenti-chefaillon) insiste pour que l'on s'arrête et "négocie". Alors que les flics nous avaient tout d'abord dit de passer! Résultat de la "négociation" de ce jeune embrigadé, sûrement formé par des gauchistes: un cordon de gendarmes mobiles et de policiers se forme pour nous barrer le passage.

13h20
Les flics ont refoulé les manifestants deux rues plus loin sous les cris de "Libérez nos camarades", et quelques altercations éclatent: une manifestante est insultée ("ferme ta gueule, je t'encule"), bousculée, puis menacée (un "ouvrier en uniforme", comme disent certains gauchistes débiles, dégoupille sa gazeuse puis la brandit devant elle); une autre, qui filmait les policiers en train de "discuter" avec les manifestants, manque de prendre un coup de matraque qui finalement atteint... sa caméra. Idem: intimidation, insultes, etc. Un commissaire propose de recevoir à 14h30 UNE personne pour "négocier". Mais négocier quoi?!? NB: les interpellés étaient sensés être libérés à 13h

13h40
La manif est à nouveau refoulée, d'abord par les agents, puis par... un escadron de CRS, avec tout leur attirail. Petite note comique: alors qu'ils avançaient en frappant sur leur bouclier avec leur matraque, ce qui est sensé faire peur, les manifestants singeaient leur attitude militaire, certains allant jusqu'à leur adresser des saluts, le bras droit bien tendu... Cela les ayant énervés, ils ont chargé. "Police partout, justice nulle part", entend-on.

Le cortège, composé de profs, de précaires, de chômeurs, d'étudiants, de syndicalistes, de lycéens, est ensuite resté de l'autre côté du boulevard, attendant un moment une équipe de télé... qui ne vint jamais.

14h30
L'envoyé revient avec quelques infos: sur une trentaine d'interpellés selon la presse, 5 sont encore détenus, les autres ayant été relâchés dans l'après midi. Parmi eux plusieurs mineurs, dont un de 13 ans! Les chefs d'inculpation sont pour la plupart outrage à agent.

On attend les conseils de spécialistes quant à la marche à suivre pour aider au mieux les personnes interpellées dans le cadre de manifs.
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Vendredi 24 mars 2006 5 24 /03 /Mars /2006 21:38

Mise au point

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Communique 4

 

 

 

 

 

 

La Sorbonne, avec ses airs d’éternité. Enceinte d’histoire suspendue. Couloirs de marbre comme un étang gelé. « Faute de soleil, sache mûrir sous la glace ». Il y a dix jours, un dégel, une soirée contre les siècles. Un feu de tables, les tracts de l’UNI : flamme plus haute qu’un homme, au milieu de la cour, la cour d’honneur. Ça ne murmure plus dans les amphis, dans les couloirs, ça ne discourt plus, ça s’entrechoque, à la recherche d’une composition. Ça commence. Ça jette, des cris, des extincteurs, des chaises, des échelles, sur les flics. Un monstre se réveille.

 

 

 

 

Le pouvoir est stupide. Il fait du footing. Il a cru anéantir, en nous expulsant, le souffle qui a émergé là. Bêtise. Bêtise lourde comme une unité centrale sur le casque d’un CRS. En nous exilant, il n’a fait qu’étendre au monde notre terrain d’action. Grâce lui soit rendue de nous avoir pris notre Sorbonne, de nous en avoir dépossédé. En y posant sa police, il l’a offerte à tous les dépossédés. A l’heure où nous écrivons, la Sorbonne n’appartient plus aux sorbonnards, elle appartient à tous ceux qui, par la parole ou le cocktail, entendent la libérer.

 

 

 

 

Depuis notre exil, donc, quelques pensées sur l’état du mouvement.

 

 

 

 

 

 

Mise au point n°1 :Nous sommes en lutte contre une loi votée à la majorité par un parlement légitime. Notre seule existence prouve que le principe démocratique du vote à la majorité est contestable, que le mythe de l’assemblée générale souveraine peut être une usurpation. Il appartient à notre lutte de limiter autant que possible la tyrannie du vote majoritaire. Trop d’espace accordé aux assemblées générales nous paralyse, et ne sert qu’à conférer une légitimité de papier à quelques bureaucrates en herbe. Elles neutralisent toute initiative en instituant la séparation théâtrale entre les discours et les actes. Une fois votée la grève illimitée jusqu’au retrait de la loi sur l’égalité des chances, les assemblées générales doivent devenir un lieu de palabre, de mise en commun des pratiques, des idées, des désirs, un moment de notre constitution en force, non plus la scène de toutes les luttes de pouvoir, de toutes les intrigues pour emporter la décision.

 

 

 

 

Mise au point n°2 : Les bureaucraties syndicales, bien qu’elles persistent dans leurs habituelles manipulations, ne sont pas un obstacle aussi sérieux au mouvement réel que les réflexes citoyens de pacification, diffus parmi nous. Durant la nuit de l’expulsion de la Sorbonne, une partie des étudiants ne savaient pas pourquoi ils étaient là ni ce qu’ils pouvaient faire, moins encore ce qu’ils devaient faire. Ils promenaient avec eux l’angoisse d’une liberté offerte mais impossible à saisir, faute de l’avoir désirée. Une semaine plus tard, au fil des occupations, des affrontements avec les forces de l’ordre, l’impuissance revendiquée laisse place au goût innocent de l’action directe. Le pacifisme retourne à ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : une pathologie existentielle bénigne.

 

 

 

 

Mise au point n°3 : La lutte appartient à ceux qui la font, pas à ceux qui voudraient la contrôler.

 

 

 

 

Mise au point n°4 : Le mouvement permanent, celui de la circulation de tout, est la condition paradoxale du maintien en l’état de la machinerie capitaliste. Tout aussi paradoxalement, l’interruption de son fonctionnement est la condition de tout début de bouleversement. Par le blocage, nous luttons contre le blocage absolu de la situation. 

 

 

 

 

Mise au point n°5 : Nous nous référons à 68, il est vrai, non à ce qui s’est effectivement passé en 68, à son folklore, à la Sorbonne occupée d’alors, aux barricades du Quartier latin, mais à ce qui ne s’est pas passé en 68, au bouleversement révolutionnaire qui n’a pas eu lieu. ON voudrait, en nous projetant dans le passé, nous extraire de la situation et nous faire perdre l’intelligence stratégique de celle-ci. En traitant 68 comme un simple mouvement étudiant, on voudrait éloigner la menace encore présente de ce que 68 a pourtant été, une grève sauvage générale, un éclat de grève humaine.

 

 

 

 

Mise au point n° 6 : L’idée de débattre démocratiquement, chaque jour, avec les non-grévistes, de la reconduction de la grève est une aberration. La grève n’a jamais été une pratique démocratique, mais une politique du fait accompli, une prise de possession immédiate, un rapport de force. Nul n’a jamais voté l’instauration du capitalisme. Ceux qui prennent parti contre la grève se placent pratiquement de l’autre côté d’une ligne de front, au travers de laquelle nous ne pouvons échanger que des invectives, des coups et des œufs pourris. Face aux référendums mis en place pour casser la grève, il n’y a pas d’autre attitude à adopter que leur annulation par tous les moyens.

 

 

 

 

Mise au point n°7 : Une étrange idée hante ce mouvement, celui d’une occupation des facultés aux heures ouvrables. D’une occupation qui ne serait pas libération de l’espace. Où vigiles, pompiers, administration, prétextes d’autorité et de sécurité continueraient à exercer leur empire infantilisant, où l’université resterait platement l’université. Il est vrai que cet espace, une fois conquis, nous devrions le peupler, le peupler d’autre chose que du désir de retourner à la normale. Nous placer dans la perspective sereine qu’il n’y aura pas de retour à la normale. Puis habiter cette irréversibilité.

 

 

 

 

Mise au point n°8 : Les coordinations nationales reflètent la stérilité d’une certaine idée, classique, de la politique. Les syndicalistes et les groupuscules gauchistes (PT, LCR, LO, UNEF, SUD, FSE, Combat, CRI, Groupe bolchévique) proposent à des AG atones des plateformes pré-rédigées par leurs directions. Dans une ambiance qui fleure bon le n-ième congrès du PCUS, la coordination nationale ne déroule qu’un jeu de pouvoir soviétique entre « orgas ». Nous opposons à cela l’idée d’une coordination parallèle prenant exemple sur le mouvement lycéen de l’année dernière, une coordination ouverte qui n’est qu’un lieu itinérant d’élaboration stratégique nationale.

 

 

 

 

Mise au point n°9 : Nous sommes les héritiers de l’échec de tous les « mouvements sociaux » non seulement depuis trois ans (profs, retraites, intermittents, LMD, EDF, lycéens), mais depuis 1986 au moins. De ces échecs, nous avons tiré les leçons. Le premier d’entre eux porte sur les médias. En se faisant écho du mouvement, les médias en deviennent de fait une composante qui, lorsqu’elle se retire (généralement au même moment que les bureaucraties syndicales) viennent provoquer son effondrement. La force d’un mouvement est sa puissance effective, non ce qui s’en dit, les ragots sur son compte. Le mouvement doit se garder par tous les moyens, fût-ce par la force, de l’emprise médiatique et élaborer une parole qui lui soit propre.

 

 

 

 

Mise au point n°10 : Aucun des « mouvements sociaux » des dernières années n’a obtenu en des mois de « lutte » ce que les insurgés de novembre ont discrètement obtenu en trois semaines d’émeute – suspension de toutes les radiations des aides sociales dans les quartiers concernés, rétablissement du financement aux associations les plus absurdes. Et ce sans rien demander.  Revendiquer, c’est formuler son existence dans les termes mutilants du pouvoir, c’est concéder à l’adversaire l’avantage du terrain. Même du point de vue de qui veut obtenir quelque chose, c’est con.

 

 

 

 

Mise au point n°11 :Finis les défilés, les journées d’action décrétées par les centrales. Des occupations et des manifestations sauvages ! L’assemblée des grévistes de Rennes préfère déjà les manifestations « à parcours intuitif », refuse de subir les parcours de la préfecture et la présence de ses sbires. Le service d’ordre a même changé de fonction, comme de nom : il s’appelle « service action » et s’organise pour l’affrontement avec les forces de l’ordre.

 

 

 

 

Mise au point n°12 : Qu’on ne nous dise plus que ce que nous faisons est « illégitime ». Nous n’avons pas à nous envisager du point de vue des spectateurs de la lutte, ni a fortiori du point de vue de l’adversaire. La légitimité appartient à qui pense ses gestes. A qui sait ce qu’il fait, et pourquoi il le fait. Cette idée de la légitimité est évidemment hétérogène à celle d’Etat, de majorité, de représentation. Elle n’obéit pas au même type de rationalité, elle pose sa propre rationalité. Si le politique consiste en la guerre entre différentes légitimités, entre différentes idées du bonheur, notre tâche est désormais de nous donner les moyens de cette lutte. Sans autre limite que ce qui nous paraîtra juste, et joyeux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Paris, le lundi 20 mars 2006

 

 

Par cperouen - Publié dans : cperouen
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